Demain, les mots

Exemple d'éloge funèbre pour un ami

Parler aux obsèques d'un ami, c'est un honneur douloureux : la famille vous confie une part de la cérémonie parce que vous connaissiez une facette de lui que personne d'autre n'a vue. L'exemple ci-dessous (prénoms fictifs) montre le ton particulier de l'éloge amical — plus libre, plus direct, souvent plus drôle aussi.

C'est le texte où l'on a le plus le droit de rire. C'est même souvent ce que l'ami disparu aurait exigé.

Exemple — prénoms et situations fictifs

On dit qu'on ne choisit pas sa famille, mais qu'on choisit ses amis. Avec Karim, je n'ai même pas eu ce mérite : c'est lui qui m'a choisi, un jour de septembre, au collège, en s'asseyant à côté de moi sans demander la permission. Il ne l'a plus jamais demandée pendant trente ans, la permission. Ni pour débarquer à l'improviste, ni pour resservir tout le monde, ni pour vous dire la vérité quand vous n'aviez pas envie de l'entendre.

Tout le monde ici a une histoire avec Karim, et je vois déjà des sourires. Moi, j'ai celle du Portugal. L'été de nos vingt ans, une voiture d'occasion, une tente, et un sens de l'orientation catastrophique — le sien, précisons-le, même s'il a soutenu le contraire jusqu'à la semaine dernière. Nous n'avons jamais vu Lisbonne. Nous avons vu une station-service pendant deux jours, un garagiste qui ne parlait que portugais, et le fou rire le plus long de ma vie. Voilà ce que Karim faisait des catastrophes : les meilleures histoires du répertoire.

Mais je veux dire l'autre côté, celui dont il ne parlait jamais. Karim appelait. Pas pour quelque chose — pour rien. « Je passais dans le quartier », disait-il, alors qu'il habitait à quarante minutes. Quand j'ai traversé ma pire année, il est « passé dans le quartier » toutes les semaines pendant des mois. Il ne m'a jamais dit qu'il s'inquiétait. Il était juste là, avec sa mauvaise foi et ses bonnes bouteilles, jusqu'à ce que ça aille mieux. C'est ça, l'amitié selon Karim : une présence têtue qui ne se fait jamais remarquer.

Karim, tu nous laisses un problème, et tu le savais : les dîners vont être tristes sans ta voix qui couvrait toutes les autres. Alors on va faire ce que tu aurais fait. On va se retrouver, resservir tout le monde sans demander, raconter le Portugal une fois de plus — et ce sera toujours toi qui te seras trompé de route. Merci pour tout, mon vieux. C'était un privilège d'être sur la liste de tes amis. La meilleure liste que je connaisse.

Pourquoi cet exemple fonctionne

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Questions fréquentes

Est-ce ma place de parler aux obsèques d'un ami ?

Si la famille vous le propose ou l'accepte, oui — l'hommage d'un ami montre une facette du défunt que les proches ne connaissent pas toujours, et les cérémonies y gagnent beaucoup. Demandez simplement leur accord sur le principe et le ton.

Peut-on raconter des souvenirs drôles aux obsèques d'un ami ?

Oui, c'est même souvent attendu de l'ami : le rire au milieu des larmes fait partie des plus beaux moments d'une cérémonie. Restez dans la tendresse et vérifiez que l'anecdote ne blesse personne dans l'assemblée.

Comment terminer un éloge pour un ami ?

En s'adressant directement à lui, brièvement : un merci, une promesse (se retrouver, continuer une tradition), ou sa propre expression retournée avec affection. Deux ou trois phrases suffisent.

Écrire, avec ou sans aide.

Peut-être que ces exemples suffiront à libérer votre propre plume — c'est tout ce qu'on leur demande. Mais si le temps manque, ou si chaque phrase pèse trop lourd, notre atelier peut écrire ce portrait avec vous : vous racontez, nous mettons les mots, et le texte arrive par email en moins de 24 h. 69 €, révision comprise.

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